Petites Soeurs de Jésus - "Crier l'Evangile par toute ma vie"

 

 


Avec frère Charles qui écrivait :
« Je veux crier l'Evangile par toute ma vie...", continuer de le vivre dans notre quotidien.


De Suède, de Stockholm :
La petite communauté syriaque-catholique qui se retrouve tous les jours pour la liturgie dans l'église protestante de notre quartier est aussi un lieu accueillant.

Le mercredi, la célébration a lieu en fin d’après-midi après la prière à la Vierge. Il vient plus de monde et toutes les occasions sont bonnes pour la prolonger par un repas préparé par les uns et les autres, et nous rentrons plusieurs fois avec de la bonne soupe préparée par « abouna » (Père) Adris, prêtre iraquien.

Une belle occasion de retrouver cette communauté fut le mariage d’un neveu d’une petite sœur iraquienne, Virgine, qui est venue pour cette fête. Cela nous a donné la joie d’y participer avec  beaucoup de membres de sa famille, dispersés dans tous les horizons, et  qui ne s´étaient pas vu depuis bien longtemps pour la plupart. Virgine a ainsi fait connaissance de notre fraternité. Elle constate que dans notre magasin elle trouve tous les mêmes produits alimentaires que chez elle... Avant son départ, le Père Adris organise un repas pour sa famille et celle de Virgine et nous sommes aussi invitées : c’est bon de sentir que nous faisons partie de leur communauté…

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De Suisse, Genève :
Un évènement extraordinaire à Genève : l’annonce d’une messe catholique à la cathédrale, St-Pierre, protestante, le 29 février prochain qui suscite enthousiasme, curiosité et en même temps des questions, voire des oppositions surtout parmi nos frères protestants.

Mais pourquoi une messe à la cathédrale, temple de la Réforme à Genève depuis 1536 ? La messe du 29 février souhaite être un geste fort « de communion au niveau local »
Le pasteur Blaise Menu, modérateur de la compagnie des pasteurs et des diacres de l’Eglise Protestante de Genève explique :

« Cette démarche, initiée par la paroisse concernée avec mes collègues du lieu, accueillie favorablement non sans animer quelques discussions de tablées (mais le repas n’est-il pas, dès l’Evangile, ce lieu de partage décisif ?), je l’ai reçue comme l’indice évident que l’œcuménisme n’est pas aussi moribond qu’on se contente de le dire parfois ces temps, même si je reconnais que les crispations identitaires ne sont jamais loin, d’où qu’on  regarde. Le plus souvent celles-ci sont le fait d’un manque de recul et d’un héritage mal assumé, ou bien d’une sorte d’excès de mémoire. Or, être catholique ou protestant à Genève, ce n’est pas tout à fait comme ailleurs, et cela va jusqu’à déteindre sur l’expérience d’autres confessions. Le chemin que nous avons fait ensemble depuis des décennies, avec des débuts difficiles pour surmonter les errances et les blessures du XIXe, est un chemin dont nous pouvons être fiers. Il y a toujours des raisons de ne rien faire, d’hésiter sans fin, de remettre à plus tard, et elles sont  parfois même assez bonnes, sauf quand elles se contentent de défiance.

Toutes et tous, nous sommes appelé(e)s à vivre la conversion évangélique au long cours : non pas comme quelque chose d’acquis un jour et dont le dépôt s’userait gentiment aux meules de l’engagement, mais comme une dynamique à entretenir. Pour cela il faut des gestes d’espérance, traces de la grâce dans nos vies bien réglées.
Eh bien : qu’ainsi la messe soit dite et que la joie de la vivre soit aussi la nôtre ! »

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De Belgique, Aywaille
Cathy et Marie Pauline  (aveugles), du foyer Marthe et Marie,  sont entrées dans ma vie.  B., pensionnée qui prépare des adultes au Baptême, m’a demandé de l’accompagner sur ce terrain fragile.
C’est «  les pieds déchaussés  » que j’entre dans l’intimité de ces jeunes adultes bien marquées par leur petite enfance. J’ai beaucoup à apprendre de ces personnes blessées et tellement sensibles, respectueuses de l’autre… Quel chemin de vérité, d’humilité, de spontanéité. La Présence se fait sentir…Oui,  j’en fais l’expérience.

J’ai eu la joie aussi de participer à la préparation de la rencontre du 1er décembre, anniversaire de la mort de Frère Charles, préparée par une équipe de la Fraternité Séculière de Liège, dont Johanna, et qui me demande de continuer le chemin avec elles. Le thème de la journée est : « Deviens qui tu es…fais de tes obstacles des opportunités de changements. » Anne Bénédicte

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De Belgique, Bruxelles Evere
Le 11 décembre nous avons la joie d’accueillir à notre paroisse, Josiane Gauthier, paroissienne, qui a participé au synode sur l’Amazonie en tant que secrétaire générale du CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité).

Le thème était « Quand l’Église se met à l’écoute d’un peuple. Quelle implication pour notre Église belge et en Europe aujourd’hui ? »

Je reprends une phrase de son intervention à Rome : « Nous avons une responsabilité collective pour notre maison commune. Nous devons agir. Il est l’heure de vivre une conversion, la réconciliation et la réparation. C’est l’heure de la solidarité et c’est l’heure de la justice. »

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De Belgique, Bruxelles Molenbeek
Le temps de l’Avent est celui de notre condition humaine. Il nous invite à guetter la lumière qui brille dans nos ténèbres, à coller l’oreille au terroir humain pour deviner le grain qui lève dans ses épaisseurs.

Le « jardin urbain » est un de ces lieux d’Avent dans notre quotidien. J’y ai rencontré S., marocaine, qui  a découvert récemment cet oasis et aime participer à nos activités. «Cela me repose, me sort de mes quatre murs. » Son français reste rudimentaire, malgré  qu’elle habite en Belgique depuis neuf ans .Comme nous nous comprenons en arabe, elle s’est tout de suite sentie accueillie par moi et j’essaie de faire le lien avec les autres, de l’introduire dans la manière de fonctionner, de collaborer et de partager  du groupe. Un jour elle m’invite chez elle. Elle vit au dernier étage avec son mari et sa fille de neuf ans, née à leur arrivée en Belgique. Le couple n’a pas pu régler sa situation administrative. D’abord ils avaient séjourné en Espagne,  puis l’espoir de trouver plus de facilités en Belgique les a fait migrer. De quoi vivent-ils ? En tout cas elle s’est tout de suite mise à pétrir et à cuire une galette de semoule, à préparer le plateau de thé, à verser une bonne mesure d’huile d’olive marocaine dans mon assiette : « Bienvenue, marhabba ! », je retrouve l’accueil que j’ai expérimenté en Algérie, l’ambiance si familière qui remplit mon cœur d’émotion.

Oui, les histoires d’amitié commencées dans un coin du monde sont des histoires de fleurs dont les graines ensemencent la terre au gré des grands vents…Voilà que de nouveaux germes se fraient leur chemin dans les épaisseurs terreuses de Molenbeek  et nous invitent à la patience !
Avent, n’est-ce pas aussi le temps qui nous révèle l’infinie patience du Dieu-avec-nous ? Marie-Charlotte