Petites Soeurs de Jésus - Nouvelles 2021

 

 

Quelques nouvelles de fraternités d'ici et de plus loin...

De Serbie, Ruski Krstur
Une petite soeur suisse, Christina, centenaire

Petite Sœur Martine Agnès, de sa fraternité, écrit :

Le temps était très clément pour un 24 février et il fut possible d'emmener Christina à l’église pour la liturgie, la veille à 17h. Dans son petit mot le curé a dit:
"Nous  sommes là non pas  seulement pour souhaiter les 100 ans de Christina, mais aussi pour rendre grâce de cette grande chance que Dieu l'a mise au milieu de nous, dans ce village ordinaire et ignoré de tous. Je ne voudrais pas abimer ce qu’elle a témoigné profondément par toute sa vie; par son silence et sa vie cachée, elle a crié et témoigné de la présence  de Dieu au milieu de nous; elle nous a aimés plus que nous l’avons aimée..."

Puis nous sommes rentrés à la fraternité pour des "agapes" - avec les différents représentants du village - qui avaient apporté un gros bouquet de fleurs, du champagne, et la musique ! Si bien que nous avons beaucoup chanté!

 

De Belgique, Bruxelles-Molenbeek :

A 20 minutes de chez nous, il y a un grand parc boisé, où j’aime aller. A chaque fois, près de l’entrée je ne peux m’empêcher de m’arrêter.
Il y a une stèle avec la belle photo de Loubna, jeune maman souriante tuée lors des attentats de mars 2016. Un message fort a été gravé par son mari Mohamed El Bachiri (Il est l’auteur du livre le Djihad de l’Amour) qui n’a pas voulu donner sa haine aux acteurs de cette tragédie en témoignant avec ses 2 petits garçons, d’un amour plus fort que la mort.
En voici un passage :

« Louange au Seigneur … pour la beauté, pour l’art …pour ces diversités, ces cultures, ces croyances, ces gens avec lesquels on discute, on échange et on accepte que finalement chacun détient sa vérité dans un esprit de fraternité… Lorsqu’on réprouve la violence et qu’on œuvre pour la paix et l’amitié entre les peuples …

Lorsque je souris et je tends la main à toi le juif, l’athée, ou le chrétien… pour ceux qui ont compris que Dieu est Amour et que le salut de l’homme ne viendra qu’à travers cette force universelle exprimée pour son prochain. «

Témoignage lumineux d’un Molenbeekois de notre quartier ! (Chantal-Pascale)


Du Danemark, Om  :

Nous sentons autour de nous une angoisse diffuse, une fatigue…un manque de spontanéité, une désorientation, car nous ne pouvons plus prévoir et faire des plans comme nous en avions l’habitude.
Les règles de distance et les décisions qui essaient de nous protéger ne sont pas toujours faciles á concrétiser et ont des conséquences négatives d’isolement et de solitude plus grande.    

Sans parler de tous ceux et celles qui sont touchés de près par la maladie ou la mort de leurs proches. Nous cherchons comment vivre ce temps sans nous résigner ni nous replier sur nous-mêmes. 

En fait, pour nous il y a eu quelques conséquences positives au confinement. Comme les gens ne voyagent plus à l’extérieur du pays, ils se tournent vers les possibilités locales. Ainsi nous avons eu la visite de trois prêtres danois prenant chacun leurs vacances dans le Jutland (la province par rapport à Copenhague !..) Ce fut une bonne occasion d’échanges et une ouverture sur la vie du diocèse.
Même des voisins qui habitent ici depuis longtemps mais avec lesquels nous n’avions que des relations superficielles nous ont invitées pour le café : une première, qui nous l’espérons n’en restera pas là! C’est comme une nouvelle attention à ce qui est proche, et cela nous réjouit.

Des Pays-Bas, Amsterdam :

Récemment j’ai participé à une rencontre pour musulmans et chrétiens engagés dans la mosquée, l’Eglise ou la société. Ce type de rencontre se fait assez régulièrement (sauf en temps de corona !), souvent autour d’un repas, mais cette fois-ci c’était organisé suite à l’attentat dans l’église de Nice et l’assassinat d’un professeur à Paris.
Un musulman qui travaille pour la municipalité d’Amsterdam nous avait tous invités dans une église protestante pour que l’on puisse se dire ce que chacun, comme chrétien ou musulman, ressentait après ces événements.

Ce sont surtout les musulmans présents qui ont exprimé  leur grande douleur. Douleur à cause de l’acte des terroristes, douleur à cause du mépris que les caricatures expriment pour leur Prophète.  Et surtout douleur à cause du regard que « tout le monde » pose sur eux, leur demandant de condamner cet acte comme s’ils avaient  quelque chose à faire avec.

J’ai senti que ce n’est pas évident de s’exprimer sur un sujet si délicat, d’en parler d’une façon nuancée, sans trop simplifier les choses. Je rends grâce pour ce qui a été possible, pour la rencontre, l’effort de s’écouter. (Els)

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