Petites soeurs de Jésus - avec des personnes marginalisées

 

 

Amsterdam : un écho de Mauricia

Mauricia est une petite sœur valaisanne qui a maintenant ses racines à Amsterdam où la fraternité est insérée dans un milieu de personnes marginalisées.

Pendant longtemps les petites sœurs ont habité une péniche parmi les autres, mais maintenant elles sont dans un logement social au centre ville.

Elle parle ici de ce qu’elle a vécu ces derniers mois :

Claartje, Mauricia et Andrée-Julienne à la fenêtre de l'appartement

« Cette année, pour moi, a été marquée par les six mois dans les fraternités d’ Afrique du Sud, puis par la joie de mon retour à Amsterdam, en août, après ce temps sabbatique. J’ai conscience de la chance inouïe qui m’a été offerte là et j’en suis très reconnaissante... Je réalise aussi le cadeau que représente pour moi le fait d’appartenir à cette petite communauté et à ce lieu de vie qui m’est cher. En même temps, je mesure le défi pour chacune de nous (Andrée-Julienne, Claartje et moi) de vivre mes allées et venues, mes absences régulières à cause du service qu’on m’a confié (Mauricia fait le lien entre les fraternités orientées vers les milieux de prison, prostitution). Cela exige de nous un réajustement constant et un certain renoncement. Mais cela fait partie de la vie !

Justement à cause des diverses sollicitations de la vie (que vous connaissez aussi !), nous nous sentons souvent tiraillées. Cette réalité nous questionne : Quelles sont nos priorités ? Nous ne pouvons pas tout vivre… Que choisissons-nous ?

Le temps de la gratuité A la suite d’un week-end à Bruxelles avec les petites sœurs de Belgique/Pays-Bas où nous avons approfondi le sens du sabbat dans la tradition juive, je me suis interrogée sur mon rapport au temps.
Avec un ami le soir de Noël
le temps d'avoir du temps Est-ce que je ne suis pas parfois esclave des multiples choses à faire ? Est-ce que je prends le temps d’avoir du temps ? le temps de la gratuité ?
La joie inattendue d'une rencontre La société performante dans laquelle nous vivons met l’accent sur la production, le rendement, l’efficacité…et je me laisse influencer. Or, choisir de me limiter, choisir l’être plus que le faire, n’est-ce pas un chemin qui peut m’aider à goûter davantage les choses de la vie, la joie inattendue d’une rencontre ?
En visite chez Jan qui nous fait découvrir la ville où il habite maintenant.

A chacun de mes passages dans les communautés de petites sœurs insérées dans les milieux de prison, prostitution etc., je suis touchée par ce qui nous est donné de vivre ensemble : le sentiment d’être « sœurs », de vivre une alliance avec des hommes et des femmes blessés avec qui nous faisons un bout de route. C’est vrai que ce compagnonnage nous marque, nous use, nous décape, mais je crois qu’il nous fait surtout grandir ensemble. Nous nous découvrons frères et sœurs en humanité.

Lors d’une soirée organisée à Utrecht à l’occasion du 10ème anniversaire de la mort d’Henri Nouwen (connu par ses livres) j’ai été émue par Kevin Dowling, évêque de Rustenburg (Afrique du Sud), proche des personnes qui meurent du sida :

Accepter de se laisser toucher,
c’est souffrir avec…
Lorsqu’un membre est touché, tout le corps est touché.
"Le Corps du Christ est malade. Le Corps du Christ a le sida."
Mauricia et Joanna,
toxicomane décédée maintenant

Kevin Dowling nous a parlé de la présence guérissante de Dieu agissant à travers la présence d’hommes et de femmes de compassion, à travers leurs gestes… »

Henri Nouwen sur internet

Janvier 2007