Petite Sœur Magdeleine et la Suisse

 

 

Petite Sœur Magdeleine et la Suisse

Marie-Catherine, première petite sœur suisse, a relu le journal que P.S. Magdeleine tenait très fidèlement, pour nous faire découvrir les liens tissés par P.S. Magdeleine avec notre pays depuis 1945. A cette époque, il s’agissait pour elle de faire connaître le message de Charles de Foucauld et les fraternités, récolter des fonds pour faire vivre ces communautés nées en pleine guerre (1939-1945) et poser les jalons de nouvelles fondations.

Extraits du journal de P.S. Magdeleine :

Premier voyage en Suisse (12 juin au 21 juillet 1945)
(12 - 16 juin 1945 – Genève)
"… En arrivant à Genève, nous allons (P.S. Magdeleine voyage avec P.S. Jeanne, une des premières petites sœurs devenue en 1948 Responsable générale) nous présenter à Mgr Petit, vicaire général de l’évêque de Fribourg, qui nous reçoit chez lui avec sa sœur, à bras ouverts.
Copyright : Archives Petites soeurs de Jésus

Cela fait tant de bien d’être ainsi accueillies par quelqu’un qui, ne nous connaissant pas, nous fait tout de suite confiance…
Leur affectueuse bonté nous réchauffa le cœur et nous donna le courage d’entreprendre cette grande tournée de conférences et de quêtes. Les Suisses furent, dès ce premier contact, d’une générosité extrême.

 

 

P.S. Magdeleine et P. S. Jeanne à Ponthaux, Fribourg

(17 juin – 19 juillet 1945 – Fribourg et Valais)
A Fribourg, Alex, un ami des Petits Frères, nous a organisé une conférence dans la grande Aula de l’Université. Ce fut un peu impressionnant pour moi, pauvre petite conférencière, de me voir dans cette vaste enceinte pleine de monde. Mais le Seigneur vient à mon secours et, dès que je commence à parler, je ne pense plus qu’au message d’amour que j’ai à transmettre.
Le soir, Alex me demande : « Et demain, que faites-vous ? » - « Demain, mais je fais une conférence, et après-demain aussi et tous les autres jours de la semaine. » - Mais où et comment ? » - « Je n’en sais encore rien. Donnez-moi la carte du canton de Fribourg. Tenez, regardez, demain Hauteville, après-demain Corbières, puis Avry. Vous viendrez avec nous pour nous aider… Nous irons à pied. Nous emporterons notre provision de pain… Et comme les petits oiseaux du ciel, nous attendrons tout de notre Père des Cieux, et nous irons partout prêcher l’amour du Bon Dieu. Vous en êtes ? »

Il accepta tout de suite et le lendemain matin, sac au dos, nous reprenions la route.
L’arrivée dans les villages était sympathique et très accueillante. Mais le problème était toujours le même. Le curé voulait annoncer la conférence pour le dimanche suivant et nous, nous voulions faire la conférence le soir même. Alors nous partions avertir le village, parcourant chacun de notre côté tous les chalets. Cela nous donnait ainsi l’occasion de parler du Frère Charles de Jésus (Charles de Foucauld), du Sahara, de notre Bien-Aimé Frère et Seigneur Jésus, de nos chers amis nomades, et la conférence était déjà toute préparée. Le soir, tout le village était là, et le lendemain et les jours suivants nous recommencions…

Il y eut tout de même quelques heures sombres… mais de celles-là on ne parle pas, car il y eut de si magnifiques journées de confiance et de foi qu’elles firent largement oublier les autres.

(15 – 17 juillet 1945 - Conférences à Salvan, au Crêt et à St-Maurice)
…Je confie à PS Jeanne mon rêve de monter au Grand-Saint-Bernard pour demander la prière des moines, dont j’ai tant besoin. Je voudrais leur parler aussi du Tibet dont ils sont les pionniers et, en même temps, du Sahara… Je sais qu’humainement c’est irréalisable. J’ai une conférence ce soir à St-Maurice et une autre demain à Romont. … PS Jeanne tend les deux mains au Bon Dieu avec moi et me propose d’aller préparer toute seule la conférence de Romont pour que je puisse n’arriver qu’au dernier moment.

Et ce mardi 17 juillet, comme par hasard, - mais ce n’était pas un hasard, - je rencontre un camion qui montait porter le ravitaillement aux moines du Grand-Saint-Bernard … il accepte de me prendre. Arrivée à 13 h., je vois le Père abbé qui me demande de faire une conférence aux moines, mais me conseille de me reposer avant. « Mais il faut que je fasse ma conférence ici le plus tôt possible car je dois en faire une deuxième à Romont ce soir. » - « A Romont, mais c’est impossible. Le camion qui vous a amenée vient de repartir et il n’y a plus aucun moyen de communication pour rejoindre le dernier train pour Romont qui part à 17 heures de St-Maurice ». (Il téléphone au curé de Romont pour dire que je ne pourrais pas y être… je proteste…).

Peu après le Père Abbé vient m’annoncer que des officiers suisses, arrivés au Grand-Saint-Bernard, ont été intrigués par mon costume et demandent d’assister à ma conférence. … Avant de présenter mon petit film, j’explique que je dois être le soir même à Romont pour une autre conférence : « Le Père Abbé m’a bien dit que c’est impossible, mais je compte sur Jésus le Maître de l’impossible ».  Après la conférence, les officiers conquis sans doute par Frère Charles et tentés aussi par le plaisir de réaliser un tour de force, mirent leur point d’honneur à me faire arriver au train. Ce fut une descente vertigineuse !

(18 et 19 juillet 1945 – Genève)
Les deux dernières conférences se font à Genève : l’une à la paroisse de Ste Marie du Peuple et l’autre à celle de Ste-Clotilde.

Deuxième voyage en Suisse (15 au 27 juin 1946)
Genève – Fribourg – Châbles – Bellechasse – Lausanne – Genève
(pas de notes)