Petites soeurs de Jésus - La prière expérience vitale

 

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- La prière, une expérience vitale, quotidienne pour toi, Janine-Rose ?
- Oui, certainement, mais pas facile à partager, à "dire". Pourtant je vais essayer de le faire.

J’ai deux guides qui m’accompagnent depuis longtemps : frère Charles (de Foucauld) et frère Nicolas de Flüe (1417-1487).
frère Charles Le premier m’a appris à prier avec la Parole de Dieu, à la faire mienne, à y découvrir
"mon Bien-Aimé Frère et Seigneur Jésus" comme il le nommait.

L’autre a soutenu mon courage :
"Dieu sait faire que la prière ait un tel goût, qu’on y aille comme à la danse ; et encore qu’elle ait un tel goût qu’on y aille comme au combat".
Et j’aime à redire cette prière de Nicolas : "Mon Seigneur et mon Dieu, prends-moi à moi-même et donne-moi toute entière à Toi".

La prière c’est comme la vie : avec des heures roses et des heures grises. Mais avant tout, au point de départ, il y a Celui qui m’attend, qui est toujours là. Il appelle inlassablement.
Il me semble entendre son appel au profond de moi, comme il a appelé Adam au jardin d’Eden : "Où es-tu ?" ; comme il a interpellé Abraham en l'invitant à quitter sa terre (Genèse 12, 1-3), il m’interpelle aujourd’hui et, comme Samuel, je voudrais lui répondre : "Parle, Seigneur, ta servante écoute" (1er livre de Samuel, ch. 3).

La prière est dans ma vie, et j’ai un grand désir qu’elle la traverse de part en part. Elle rythme les heures : tôt le matin, lorsque tout est encore calme, j’aime me retrouver aux pieds du Seigneur, lui apportant ce monde qui s’éveille ou… qui s’endort !
A midi, faire mémoire de sa venue au milieu de nous, comme l’un de nous, Jésus de Nazareth. Et le soir, lui dire merci pour cette nouvelle journée qu’il m’a donnée,
avec ses hauts et ses bas, mes enthousiasmes et mes refus, avec les rencontres, les souffrances qui m’ont été confiées ou que j’ai croisées sur ma route ou dans la lecture du journal, avec tout le poids du jour.
La prière, c’est la vie même, instant après instant :

"Que je marche, que je m’assois, que je me lève, toi Seigneur, tu le sais" (psaume 138)
et j’aime ajouter : "que je travaille" et lorsque j’ai terminé lui dire : "Merci de m’avoir accompagnée, de m’avoir soutenue jusqu’au bout".
Frère Laurent de la Résurrection (1614-1691). cuisinier dans un monastère, disait : "Je retourne ma petite omelette, je me prosterne à genoux devant mon Dieu qui m’a donné de la si bien faire et je me relève plus heureux qu’un roi". Alors oui, merci mon Dieu de l’avoir si bien fait ce travail !

Prière de frère Charles :

Mon Père,
je m'abandonne a toi,
fais de moi ce qu'il te plaira
quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.

Je suis prêt a tout, j'accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi,
en toutes tes créatures
je ne désire rien d'autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l'amour de mon coeur,
parce que je t'aime,
et que ce m'est un besoin d'amour de me donner,
de me remettre entre tes mains sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

Prière de frère Nicolas :



O mon Dieu et mon Seigneur,
prends-moi à moi,
et donne-moi tout en propre à toi.

O mon Dieu et mon Seigneur,
arrache de moi
tout ce qui me sépare de toi.

O mon Dieu et mon Seigneur,
donne-moi
tout ce qui m'attire à toi.

Liens :
- Charles de Foucauld
- Nicolas de Flüe
- Frère Laurent de la Résurrection

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