Charles de Foucauld, Nazareth - Petites Soeurs de Jésus

 

 

Dans l’attente de la canonisation de frère Charles, voici une réflexion sur son vécu, par Anny-Myriam, petite sœur à Bienne.

1. Le chemin de la recherche de Dieu.
Avant sa conversion, Charles de Foucauld a souvent répété cette prière :
« Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse ! »

C’est le désir qui met en route !
Importance du désir : c’est le levier qui met en route ! Et, pour nous, chrétiens, nous pouvons nous interroger : est-ce que le désir de Dieu est encore présent dans notre vie ? Est-ce que ce désir ne s’est pas émoussé ? Ou bien est-il ensablé ?

Dans ma vie personnelle, je fais souvent l’expérience que je ne suis pas capable de prier, pas capable d’aimer vraiment! Je me heurte toujours aux mêmes difficultés ! Reste le désir ! Je voudrais cultiver ce désir, ne pas le laisser s’éteindre ! Je demande souvent à Dieu de vivifier mon désir, de le garder vivant !

Et Dieu a répondu au désir de Charles : “Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui”.

A partir de ce moment, la recherche de Dieu va se confondre avec la recherche de la volonté de Dieu. Charles de Foucauld va être constamment en mouvement. Quand on regarde sa vie, on peut penser que c’est un instable. Il ne s’arrête jamais. C’est une quête qui dure toute sa vie ! Toujours il se demande ce que Dieu veut de lui… et il se remet en route !

Pour trouver quelle est la volonté de Dieu dans ma vie, c’est nécessaire de mettre dans le coup l’Esprit-Saint ! Dans l’horaire que Charles de Foucauld s’imposait à Béni Abbés, il prie 4 fois l’hymne à l’Esprit Saint en 24 heures.

La recherche de Dieu et de sa volonté a conduit Charles de Foucauld sur des chemins étonnants.

2. Le chemin de Nazareth.
Deux ans après la conversion, l’abbé Huvelin envoie Charles de Foucauld faire un pèlerinage en Terre Sainte. Et là c’est un vrai choc, qui va marquer et influencer durablement toute sa vie. « Comme Jésus à Nazareth… », « Imiter Jésus à Nazareth… », ces expressions reviendront sans cesse dans ses écrits.
Le choc de Nazareth, c’est le choc du réalisme de l’incarnation !

Pour bien comprendre ce que signifie Nazareth pour Charles de Foucauld :
*Au moment de sa conversion, il a rencontré le Dieu de miséricorde et le Dieu présent et proche dans l’eucharistie.
*Cependant, bien avant déjà, quand il était militaire en Algérie, il a vu des musulmans prier dans le désert : « Allah Akbar ! » Dieu est grand ! Devant la grandeur de Dieu, l’être humain se prosterne.
« Allah Akbar, Dieu est plus grand, plus grand que toutes les choses que nous pouvons énumérer. Seul après tout, Il mérite nos pensées et nos paroles. » à Henri de Castries, 14.08.1901

En marchant dans les rues de Nazareth, Charles de Foucauld a le coup de foudre pour ce Dieu très grand qui est « descendu » dans notre humanité :

 

(Illustration:Bernadette Lopez/Evangile et peinture)  

« Toute sa vie, il n’a fait que descendre : descendre en s’incarnant, descendre en se faisant petit enfant, descendre en se faisant pauvre, délaissé, exilé, persécuté, supplicié, en se mettant toujours à la dernière place. »

Nazareth, pour Charles de Foucauld, c’est aussi la pauvreté. N’oublions pas que Charles de Foucauld vient d’une famille riche et aristocratique. Donc, en marchant dans les rues de Nazareth, il est frappé par la pauvreté de cette bourgade et il s’imagine que Jésus a vécu dans une pauvreté extrême !

Il écrit le 24 juin 1896 : « J’ai bien soif de mener enfin cette vie que je cherche depuis 7 ans… que j’ai entrevue, devinée, en marchant dans les rues de Nazareth que foulèrent les pieds de Notre Seigneur, pauvre artisan perdu dans l’abjection et l’humilité. »
 Un an après, à peine arrivé chez les clarisses de Nazareth, il écrit à son cousin : « Le Bon Dieu m’a fait trouver ici ce que je cherchais : pauvreté, solitude, travail bien humble, obscurité complète. L’imitation aussi parfaite que cela se peut de ce que fut la vie de Notre Seigneur Jésus dans ce même Nazareth.

Et encore dans des notes de retraite : «  Mon Seigneur Jésus, comme il sera vite pauvre celui qui, Vous aimant de tout son cœur, ne pourra souffrir d’être plus riche que son Bien-Aimé. Etre riche, à mon aise, vivre doucement de mes biens quand Vous avez été pauvre, gêné, vivant péniblement d’un dur labeur, pour moi, je ne le puis, mon Dieu… je ne puis aimer ainsi. »

- Frère Charles et le travail manuel