Nazareth pour Charles de Foucauld - Petites Soeurs de Jésus

 

 

 

Le travail manuel

Nazareth, pour Charles de Foucauld, c’est également le travail manuel.

Au début de son séjour à Nazareth, il écrit à son beau-frère : «  Je suis donc venu m’ensevelir ici  pour être ouvrier, gagner ma vie comme Notre Seigneur Jésus : vivre d’un humble travail tant que le Bon Dieu m’en donnera la santé, la force… »

Toute sa vie, Charles de Foucauld va chercher à imiter la vie de Jésus à Nazareth. Mais la façon dont il s’imagine cette vie à Nazareth va évoluer en fonction de ce que lui-même est amené à vivre.

  (Illustration:Bernadette Lopez/Evangile et peinture)

Au début, chez les religieuses Clarisses de Nazareth, c’est encore un genre de vie monastique. Il s’imagine la vie à Nazareth comme la vie de la Sainte Famille : Jésus, Marie, Joseph. Point. C’est un peu fermé. L’accent est mis sur la solitude, la pauvreté, la prière… Le mouvement est de s’éloigner du monde, se couper du monde. Peu à peu, il va être poussé par une force irrésistible à aller vers les autres. Le mouvement s’inverse. Il l’explique ainsi : « Mes retraites du diaconat et du sacerdoce m’ont montré que cette vie de Nazareth qui me semblait être ma vocation, il fallait la mener non pas en Terre sainte tant aimée, mais parmi les âmes les plus malades, les brebis les plus délaissées. Ce divin banquet dont je devenais le ministre, il fallait le présenter non aux parents, aux voisins riches, mais aux boiteux, aux aveugles, aux pauvres, c’est-à-dire aux âmes manquant de prêtres. Dans ma jeunesse, j’avais parcouru l’Algérie et le Maroc. Aucun peuple ne me semblait plus abandonné que ceux-ci… » (08.04.1905 à l’abbé Caron)

En route vers Tamanrasset, en Algérie, voilà comment il voit sa vocation :
"Pas de costume - comme Jésus à Nazareth - pas de clôture  - comme Jésus à Nazareth – pas d’habitation loin de tout lieu habité, mais près d’un village - comme Jésus à Nazareth – pas moins de huit heures de travail par jour (manuel ou autre, autant que possible manuel) - comme Jésus à Nazareth – ni grande terre, ni grande habitation, ni même larges aumônes, mais extrême pauvreté en tout - comme Jésus à Nazareth - …"

De la vie de Jésus à Nazareth, on sait peu de choses. Les évangiles sont muets à ce sujet. On peut tout imaginer. Ce qui est sûr, c’est que Jésus a vécu environ 30 ans dans sa famille, au milieu des gens de son village, en travaillant probablement avec Joseph : une vie sans histoire, le quotidien d’une vie très ordinaire. C’est là qu’il est venu nous rejoindre… et ça donne du poids, de la valeur, à tous nos quotidiens, à toute la banalité du quotidien !

Pour nous, les petites sœurs, vivre comme Jésus à Nazareth reste d’actualité. Ça se manifeste dans le choix du logement, du travail.  Etre avec les gens simples, ceux qui sont au bas de l’échelle sociale. Vivre des relations toutes simples avec les voisins, les collègues de travail. Bâtir la Fraternité. Nous habitons à Bienne dans un bloc de 13 étages. Je travaille depuis plus de 25 ans dans un grand supermarché.

Et la pauvreté ? Aujourd’hui, on parle de « décroissance », de vivre plus sobrement pour ne pas gaspiller les ressources de la terre… A nous de chercher comment vivre aujourd’hui sur notre planète en ayant conscience que « je ne suis pas tout seul »…

Jésus nous rejoint dans le quotidien de nos vies
pour que nous vivions ce quotidien avec lui.

 

A suivre :
3. Le chemin de la prière.
4. Le chemin de l’amitié, de la fraternité.

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