Charles de Foucauld, la prière- Petites Soeurs de Jésus

 

 

Dans l’attente de la canonisation de frère Charles, voici la suite d'une réflexion sur son vécu, par Anny-Myriam, petite sœur à Bienne.

3. Le chemin de la prière

A la demande répétée de Charles de Foucauld : « Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse ! » Dieu a répondu en le plongeant dans sa miséricorde, sa tendresse, sa présence, sa bonté. Dès lors, frère Charles a aimé Jésus d’un amour passionné !



Cela ne veut pas dire que son chemin de prière fut facile.

Au départ, il a des grâces sensibles comme beaucoup de débutants !

« Je suis dans un état que je n’ai jamais éprouvé, si ce n’est un peu à mon retour de Jérusalem - le voyage en terre sainte ! - . C’est un besoin de recueillement, de silence, d’être aux pieds du Bon Dieu, et le regarder presque en silence. On sent, on voudrait rester indéfiniment à sentir, sans le dire même, que l’on est tout au Bon Dieu et qu’Il est tout en nous. »
(03.02.1892, le lendemain de sa profession chez les moines trappistes)
Chapelle de la fraternité d'Einsiedeln  

Mais, la même année, il écrit à sa cousine : « A propos de distractions, vous ne sauriez croire combien j’en ai, c’est une misère ! Pourtant, je suis bien solitaire ; entre l’église et le bûcher où je travaille seul, rien ne me trouble : c’est de l’intérieur que viennent les distractions les plus inattendues et les plus ridicules ; cela n’ôte pas la paix, cela n’ôte pas cette douce et chère pensée de Notre Seigneur, (…) mais cela dérange et ennuie, cela fait qu’aucune prière n’est ce qu’elle devrait être, mes offices ne sont quelquefois qu’une longue distraction, c’est misérable ! » (29.09.1892)

Pendant les années à la Trappe, il est aussi « porté » par les offices liturgiques. Puis vient le temps à Nazareth (1897-1900) : 3 ans chez les  sœurs Clarisses. Un temps de grande solitude et d’inactivité. Une vie qui ne correspond pas à son tempérament très actif.
Ce que je retiens, c’est sa référence constante à l’évangile. Aujourd’hui, cela va de soi de prier avec l’évangile. A son époque, c’était nouveau. En 1914, il écrit à Louis Massignon : « Il faut tâcher de nous imprégner de l’Esprit de Jésus en lisant et relisant, méditant et reméditant sans cesse ses paroles et ses exemples : qu’elles fassent dans nos âmes comme la goutte d’eau qui tombe et retombe sur une dalle toujours à la même place… »  (22.07.1914)
« La prière consiste (…) non à parler beaucoup, mais à aimer beaucoup. »  (1898)

Quand on pense à Charles de Foucauld, on pense aussi à son profond amour pour l’eucharistie. Au moment de sa conversion, l’abbé Huvelin l’a envoyé communier tout de suite. Pour lui la présence de Jésus dans l’eucharistie se situe dans le prolongement de l’incarnation, dans le prolongement de la vie terrestre de Jésus : « La sainte Eucharistie, c’est Jésus, c’est tout Jésus ! (…) Ne soyons jamais hors de la présence de la sainte Eucharistie, pendant un seul des instants où Jésus nous permet d’y être. »
Pourtant, à Tamanrasset, il passera des mois sans pouvoir célébrer l’eucharistie.

Il est intéressant de noter comment Charles de Foucauld fait le lien entre l’eucharistie et le mystère de la Visitation. Dans ses projets de fondations, il écrit : « La patronne de toutes les fraternités est la Très Sainte Vierge au mystère de la Visitation. (…) Comme elle sanctifia en silence la maison de saint Jean en y portant Jésus, ainsi nous devons sanctifier silencieusement les peuples infidèles en portant Jésus autour de nous en développant sa présence eucharistique et en le laissant vivre dans nos âmes… » (Cité par M. Bouvier)

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« Il n’y a pas, je crois, de parole de l’évangile, qui ait fait sur moi une plus profonde impression et transformé davantage ma vie que celle-ci : ‘’Tout ce que vous faites à un de ces petits, c’est à Moi que vous le faites.’’  Si on songe que ces paroles sont celles de la bouche qui a dit : ‘’Ceci est mon corps… ceci est mon sang…’’ avec quelle force on est porté à chercher et à aimer Jésus dans ‘’ces petits’’, ces pécheurs, ces pauvres… »  (À Louis Massignon, 01.08.1916)

 

- Frère Charles et le chemin de l'amitié, de la fraternité