Petites Soeurs de Jésus - Nouvelles 2021

 

 

Nouvelles d'ici et de plus loin...

De Belgique, Bruxelles-Cureghem :

Je viens vous partager quelques moments et rencontres qui ont marqué la vie plus monotone de ces derniers mois, à cause, comme vous le savez, des restrictions dues à la propagation du virus. Heureusement, le vaccin allume de l’espoir !
Comme il n’y a pas de messe dans notre unité pastorale du fait de la restriction de l’assemblée à 15 personnes, le Père Hugo est venu célébrer chez nous, puis a eu le corona, heureusement il n’en a pas trop souffert.

Le jour de la fête des rois (Epiphanie) nous avons fait une visite surprise à Valérie qui nous a partagé son admiration pour Frère Charles et de cela est née une rencontre-échange  mensuelle, la première sur : « sauveurs avec Jésus » et la suivante  sera sur : « Nazareth ». (Anne-Francine)

D'Italie, Lampedusa, Sicile :
(Présence d'accueil aux migrants qui débarquent sur l'ile)

Le Soleil levant vient nous visiter
Souvent, je vais le contempler à l’aube. D’habitude je suis seule, mais ce matin-là, d’autres étaient arrivés avant moi. Je suis la première personne qu’ils rencontrent sur ce coin de terre et je peux leur dire bonjour en arabe. La surprise est aussi grande pour eux que pour moi. Je leur explique que j’ai appelé ceux qui s’occuperont d’eux. L’attente est longue, presque deux heures, et cela nous donne l’occasion d’échanger avec le groupe de jeunes arabes. Je fais mémoire avec eux des 5 ans de ma jeunesse vécus en Libye. Ils répondent : « Alors tu as connu nos grands-mères !! » « Mais oui, ce sont mes premières amies arabes.». Les services militaires et médicaux arrivent et avec de petits bus ils sont acheminés vers le centre d’accueil.

Je les regarde longuement tout en pensant intérieurement : « Comment continuera leur chemin ? »

Nous nous en sortirons contemplant le Soleil qui chaque jour se lève. (Franca)
  Mémorial pour les migrants morts dans un naufrage au large de Lampedusa (Photo: © Sara Speicher/COE)


De Jérusalem :


" La première réaction au Covid que nous avons entendue ici c’est que ce virus n’existe pas et qu’il s’agit plutôt du complot des puissances obscures pour nous rendre tous esclaves… Après, peu à peu, il y a eu des malades et des décès dans le quartier. Nous avons vu les masques apparaître. Dans une société dans laquelle la rencontre et la relation sont si centrales et prioritaires… Et où la vie sociale et ses obligations sont si fortes… Mariages ou funérailles, ou fêtes de diplôme, les gens ne peuvent pas s’abstenir d’être ensemble… Des valeurs traditionnelles inestimables, qui se transforment en pièges… Nous étions touchées des petits signes des voisins qui nous ont offert du pain, des olives pendant le lock down… Une des images les plus tristes était, et est encore jusqu’à aujourd’hui, notre rue complètement vide,  alors qu’on ne pouvait pas passer dans cette rue sans se faire écraser…. Notre travail d’icônes s’est arrêté net. Tous nos voisins, comme nous, n’ont plus rouvert leurs magasins depuis mars… Comment et de quoi vivre ?

Enfin, l’aspect qui est particulier à cette terre, et c’est peut-être unique, c’est l’impact de la pandémie dans les milieux religieux… Les réactions des autorités religieuses juives, chrétiennes et musulmanes sont variées.
(Photo:IsraelTourism/Flickr/CC BY-SA 2.0)  

Jusqu’à maintenant, les plus farouchement résistants aux fermetures ont été les ultra-orthodoxes juifs, et nous avons vu des images incroyables de bagarres entre soldats de l’armée israélienne et fidèles qui refusaient les restrictions et la fermeture des synagogues et des yeshivot (école où l'on enseigne la Torah et le Talmud dans le judaïsme). Ce monde ultra-orthodoxe, en grande partie, n’est pas connecté aux réseaux internet et donc ne suit pas ce qui arrive dans le monde. En simplifiant beaucoup, quelques rabbins affirment qu’étudier la Torah vaut de risquer la vie humaine; d’autres assurent que sauver la vie humaine, la sienne et celle des autres, est un précepte important de la Torah. Cette situation a aussi ravivé le vieux conflit laïc-religieux dans la société israélienne, et la question : Israël état juif ou état démocratique ? A qui la priorité ?

Pour les musulmans, les consignes ont été claires : de la Grande Mosquée Al Aqsa nous avons entendu bien des fois au temps du 1er lock down : « La prière dans vos maisons ! » au lieu de : « Venez à la prière ! » Nos voisins disaient : « La vie avant tout » … Au deuxième lock down, des complications d’ordre plus politique s’en sont mêlées, et la Mosquée n’a plus été fermée, ce qui a causé une nouvelle augmentation des cas.

Et enfin les chrétiens et leurs 14 Eglises différentes réunies dans cette ville : comment se mettre d’accord pour les consignes à donner ? Le résultat est que, en général, rien n’est clair. Les églises ouvrent et ferment. Au St Sépulcre, les messes sont assurées; ailleurs parfois oui et parfois non. » (Maria-Chiara)

Des Philippines :

Une prière est apparue à plusieurs reprises dans les médias sociaux : "Cher Jésus, s'il te plaît, efface cette année, car elle a un virus". Au lieu d'effacer, nous avons découvert quelques trésors : la patience, la solidarité, la confiance, l'abandon, la sollicitude et l'attention.

Le moment le plus difficile pour nous à Alchan, a été le mois où le confinement a commencé et où Lilette a été hospitalisée. En l'absence totale de transports publics, nous avons appris à frapper à la porte de nos voisins. Combien de fois avons-nous été surpris par des amis anciens et nouveaux qui se souvenaient de nous, nous donnant quelques produits de base, juste quand nous en avions besoin.

Il y a deux semaines, je suis allé rendre visite à nos anciens voisins de Diliman qui ont été touchés par le typhon″ Ulysse″ en novembre dernier. Une centaine de familles ont été évacuées dans une école voisine, attendant toujours de rentrer chez elles. Il y avait quelques groupes qui sont venus donner des boucliers/masques, du riz, des nouilles, des conserves, etc. Les ferrailleurs sont venus ramasser les métaux cassés, les ventilateurs électriques, les moteurs...
J'ai visité certains d'entre eux. J'ai été très touchée de savoir qu'après le typhon, des amis de Diliman sont venus aider et montrer leur inquiétude. Avec ces signes de soutien, les habitants semblaient prêts à accepter la situation avec beaucoup d’espoir.

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