Petites soeurs de Jésus - lettre à Charles de Foucauld

 

 

Lettre à Charles de Foucauld (extraits) :

Frère Charles,

Tu as eu des intuitions extraordinaires.. Je ne pense pas que tu les as toutes vécues. (…)
Mais ce que j’admire chez toi, c’est cette familiarité avec la famille de Nazareth : avec Jésus, Marie et Joseph. Et ce Nazareth, je te l’avoue m’est très cher, particulièrement cher. Tu me fais comprendre que notre relation à Dieu doit être quelque chose de simple, puisqu’il est le Dieu de tout le monde : riche-pauvre-intelligent-pas très doué-fort-faible.

Quand je te dis qu’est-ce prier pour toi ? Tu me réponds, " c’est penser à Jésus en l’aimant". Quoi de plus simple, non ?

Quand je  cherche comment être levain dans la pâte, ta réponse est « crier l’Evangile sur les toits, non par la parole mais par toute la vie ».

Tu es vraiment plein de Dieu, rempli de sa Présence. (…) Qu’est-ce que je suis réconfortée quand tu me dis : "L’amour consiste non à sentir qu’on aime mais à vouloir aimer". Si je te comprends bien, c’est une question de désir, désirer aimer Dieu. Et tu ajoutes : "sentir que nous l’aimons et qu’Il nous aime, ce serait le ciel ". (…)
Tu dis aussi : «"L’amour peut tout, il accomplit beaucoup de choses qui fatiguent et épuisent vraiment celui qui n’aime pas".
C’est vrai, je le vois chez moi, l’amour est créatif, inventif, l’amour peut nous amener loin…Et le devoir, sans l’amour, peut devenir un boulet épuisant.

Encore merci pour le rêve que tu as eu, que tu n’as pu réaliser mais que d’autres, P. Sr Magdeleine et René Voillaume ont mis en place. « Ce que je rêve, c’est quelque chose de très simple, de très peu nombreux… Mener la vie de Nazareth dans le travail et la contemplation de Jésus, petite famille, petit foyer domestique, tout petit, tout simple ». (…)

Nazareth, dessin de Charles de Foucauld

 
Nazareth, dessin de Charles de Foucauld

Je voudrais terminer en te redisant merci pour ta vision de Dieu, de Jésus que tu me partages. C’est un appel pour nous , humbles de la terre qui ne faisons pas de grandes choses : « Notre Dieu est un Dieu caché. Jésus a eu la délicatesse de mener une vie très ordinaire avec Marie et Joseph… et cela pendant trente ans, sans que ses contemporains le remarquent plus qu’un autre !...Il me semble que c’est un appel à tous les humbles de la terre, qui s’affligent parfois de ne pouvoir faire de grandes choses et qui   devront mourir dans l’anonymat. Les voies de Dieu ne sont pas nos voies ! Jésus nous apprend par sa vie à Nazareth que seul l’Amour sauve l’homme.. »

(1er Décembre, 2007)

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